J'avais l'idée depuis des mois. Un site où je partagerais ma veille sur l'IA, le business, le sport, tout ce qui m'intéresse. Avant de coder la première ligne, j'ai demandé à Claude Code de faire la recherche marché. Il m'a dit non. Alors j'ai construit autre chose.
Je voulais lancer un site. Un hub personnel où je partagerais ce que je lis, ce que je regarde, ce que je teste. Pas seulement sur l'IA : aussi sur le business, le sport, la paternité, la géopolitique. L'envie était là depuis des mois. Je me disais qu'à force d'accumuler de la veille, j'avais quelque chose à transmettre.
Avant de coder la première ligne, j'ai fait ce que je fais toujours maintenant : j'ai demandé à Claude Code de vérifier si l'idée tenait la route. Je n'avais pas envie de passer six mois sur un projet pour découvrir en route qu'il n'y avait pas de public.
J'ai lancé trois sous-agents de recherche en parallèle. Leur mission : fouiller le marché des newsletters et des "second brain publics" en français, chiffrer le potentiel, benchmarker les acteurs existants.
Verdict brutal, que je ne voyais pas venir :
Les sous-agents ont été très directs : « Laisse tomber la newsletter généraliste multi-sujets. Mets ces heures dans autre chose. »
Au lieu d'abandonner, j'ai essayé de trouver l'angle qui pourrait marcher. J'ai exploré quatre pistes successives avec Claude Code :
| # | Angle | Verdict |
|---|---|---|
| 1 | Un site généraliste « un fondateur lit le monde » | Nécessite dix ans de track record public que je n'ai pas encore |
| 2 | Une newsletter de curation pure | Déjà occupé par des acteurs français installés (Snowball, Flint, Marie Dollé) |
| 3 | Un carnet de père entrepreneur | Case éditoriale vide, mais demande faible (moins de 5 000 abonnés atteignables) |
| 4 | Du « build in public » multi-projets | Bon fit avec mon profil, mais expose trop mes sociétés |
À la fin de cette exploration, j'étais coincé. Chaque angle avait un défaut bloquant. J'étais prêt à poser le projet dans un tiroir.
Le déclic, c'est quand j'ai arrêté de vouloir un produit et que je me suis demandé ce que moi, concrètement, j'aurais aimé avoir dans ma journée.
Voici ce que j'ai écrit à Claude Code, ce matin-là :
« Ce sera d'abord ma veille à moi. Créer un outil pour faire ma veille sur tous les sujets. Pouvoir ajouter des sources. Le but : avoir la data dont j'ai besoin. »
Tout a changé avec cette phrase. On est passés d'un produit public à vendre à un outil privé à construire. Les contraintes sont tombées une par une :
Juste un outil. Pour moi. Qui tourne chez moi.
Le 16 avril 2026, en une journée de construction avec Claude Code, j'ai livré la v1 complète de l'outil. Dix phases, de la base de données aux analyses générées, en passant par l'ingestion automatique.
Voici ce qu'il y a dedans :
Le tout, en une journée de conception et d'écriture de code. Avec Claude Code.
Avant. Je faisais ma veille comme beaucoup : je scrollais sur X, j'allais voir Google News, je traînais sur YouTube. C'était chronophage. Je passais parfois une heure à scroller pour finir avec trois informations en tête, dont deux mal expliquées. Je ratais des annonces importantes parce qu'elles étaient noyées dans le bruit. Et quand je tombais sur une nouveauté intéressante, je n'avais pas le temps de creuser vraiment.
Maintenant. Je me lève, je prends mon café, j'ouvre mon outil. Le worker a déjà digéré les 96 sources de la nuit. Je clique sur « Lancer la veille ». Trente sujets en français apparaissent, classés par score. Je lis les titres, je coche ceux qui m'intéressent. Claude Opus me sort une analyse de 1 000 mots par sujet, en français, avec les sources croisées entre elles.
En ce moment, l'outil me fait remonter des sujets précis que je n'aurais pas vus en scrollant :
Ce sont des sujets que je n'aurais pas trouvés tout seul, ou que je n'aurais pas compris en profondeur si je les avais vus passer sur X.
Le coût mensuel tourne autour de 5 € par mois, parfois un peu plus selon ma fréquence d'usage. Max 10 € les mois où je fais beaucoup d'analyses. Ce sont les appels à Claude Sonnet (les 30 sujets proposés chaque jour) et à Claude Opus (les analyses long-form) qui composent presque tout ce montant. Le reste — l'ingestion des 96 sources, les embeddings Ollama, la base SQLite — tourne gratuitement sur mon Mac.
Pour 5 € par mois, voici ce que j'obtiens :
C'est probablement le meilleur rapport valeur / prix que j'ai obtenu en construisant un outil moi-même.
Trois leçons, que je me répète depuis :
J'ai failli investir des mois dans une newsletter qui n'avait que 5 % de chances de décoller. Trois sous-agents en deux heures m'ont évité cette erreur. Ce n'est pas une garantie, mais c'est un filtre énorme.
Je n'ai plus besoin de chercher mille abonnés payants. J'ai besoin d'un outil qui tourne chaque matin. L'un nourrit l'autre, d'ailleurs : la veille que je fais avec cet outil alimente les contenus que je publie. Le produit public est sorti comme une conséquence, pas comme un objectif.
Pas un prototype. Un outil complet, avec ingestion automatique, clustering, analyses longues, interface soignée. Quand j'étais seul avec mon idée, je me serais dit que c'était un projet de six mois. Avec Claude Code, c'est une journée de construction, et quatre jours plus tard on ajuste la charte graphique pour que ce soit joli.
Si tu fais ta veille comme je la faisais avant — en scrollant X, Google News, YouTube, LinkedIn, avec l'impression de rater l'essentiel — je suis curieux de savoir à quoi ressemble tes journées.
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Je partage ces études de cas dans ma veille du vendredi. Sans pub, désinscription en un clic.